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Média indépendant voltairenet 23/02/2018

Dans les Médias il y a pas mal d'informations et de fake news !! Pour les infos internationales je vous conseille de lire le Média indépendant "Voltairenet" Le Média pose de bonnes questions et apporte des ébauches de réponses assez interpellantes !   Ainsi vous aurez une autre vision de la guerre en Syrie, du dictateur Erdogan qui préparerais en 2019 une invasion de plusieurs îles grecs !! 
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Tags : politique internationale

Youtube 11/12/2017

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Pour les fans de dinosaures, voici la suite de Jurassic wordl 2 ! Prévu en juin prochain.
Je suis assez motivé pour un jour visiter un parc de dinosaures ! ;-) Et vous ??

Alien covenant : Pose la question : sommes nous seul dans l'univers ? 10/09/2017

 
Alien covenant est la suite de Prometheus, film qui est bien fait et pose plusieurs questions sur les extraterrestres !
 
Faut-il absolument savoir si nous sommes seuls dans l'univers ?? Dans mon article précédant, avec les sondes Voyageur 1 et 2, la question se pose : faut-il entrer en relation avec une entité étrangère ?? 
 
Je pense que non !! Car la probabilité d'une entité étrangère ou extraterrestre ne seront pas intéressés par nous donner leur savoir et leur technologie sûrement très avancée ! Mais le contraire est malheureusement très possible : coloniser la terre voire tout détruire pour mettre une autre entité étrangère à la place serait plus logique. 
 
De la part de la NASA, je pense qu'il ne pose pas les bonnes questions sur notre humanité ! Doit-on prendre le risque d'être détruit par une technologie très avancée, sans savoir si ces extraterrestres seront pas belliqueux !
Car je peux comprendre que le contraire nous apportera une technologie très avancée et pourrons voyager dans l'espace, et résoudra sans doute la vie sur terre.
 
Quel est votre avis ?

Tags : Science-Fiction

Amélie Nothomb vient de publier son vingt-sixième roman, « Frappe-toi le c½ur ». 03/09/2017

 
Amélie Nothomb vient de publier son vingt-sixième roman, « Frappe-toi le c½ur ».



« Frappe-toi le c½ur, c'est là qu'est le génie. » Alfred de Musset


«Frappe-toi le c½ur » est un roman court mais incisif, un roman émouvant sur les rapports parfois pas toujours évidents qu'enfants et parents entretiennent.


"Frappe-toi le c½ur" (Albin Michel), le nouveau roman d'Amélie Nothomb, est un bon cru, sec et âpre. Mieux encore, un citron frais et acide, à déguster en moins de deux heures. Disons le temps d'un Paris-Rouen, car ce conte cruel commence comme un "Madame Bovary" des années 1970.
 
Amélie Nothomb vient de publier son vingt-sixième roman, « Frappe-toi le c½ur ».

 
 
Je ne serais pas arrivée là si...

Si je n'avais pas été insomniaque de naissance. C'est la conclusion à laquelle je suis parvenue après avoir beaucoup réfléchi à ce début de phrase absolument fascinant. Oui, cette insomnie a été constitutive et certainement ce qui a le plus compté dans ma vie. Elle a toujours existé, même lorsque j'étais bébé et même si mes parents ont mis un temps fou à s'en apercevoir.
 
Mais voyons, un bébé qui ne dort pas crie, pleure, s'agite...

Non. Les deux premières années de ma vie, je suis restée quasi inerte, dans un mutisme total. Je ne sais pas exactement ce que j'étais, c'est un pur mystère. Mes parents, qui habitaient le Japon et sont l'incarnation du quiétisme, trouvaient cela formidable. Ils ne se sont pas inquiétés, je crois même qu'ils pensaient que je dormais les yeux ouverts. Ce qui était faux. Je ne dormais pas, je m'en souviens très bien.
Et puis, vers 2 ans et demi, je me suis comme réveillée – ce qui est paradoxal – en captant de courts cycles de sommeil. Mes parents ne se sont toujours rendu compte de rien jusqu'à ce qu'ils découvrent, quand j'avais environ 5 ans, que je me baladais la nuit dans la maison. Ma mère a aussitôt émis un règlement : la nuit, on reste dans son lit. Pas le droit d'en sortir avant 6 heures du matin.

Alors qu'avez-vous fait ?

Je me suis occupée ! D'abord, j'ai beaucoup regardé ma s½ur dormir. Nous partagions la même chambre et elle dormait pour deux ! Comme je suis devenue nyctalope – c'est la moindre des choses lorsqu'on est insomniaque –, la contempler était une merveilleuse occupation. Et puis je répondais aux voix que j'entendais. Il y en avait des centaines dans ma tête et je leur parlais.
Enfin, je me racontais l'histoire. Pas « des histoires » mais « l'histoire ». Ce fut la grande occupation de mes années 5-12 ans. Me raconter « l'histoire » : une sorte d'épopée qui partait dans tous les sens et pleine de personnages fluctuants, l'idée étant de me faire connaître les sensations les plus fortes possible. Ce pouvait être l'aventure de deux enfants abandonnés qui devenaient cosmonautes. Ou celle du méchant prince torturant la gentille princesse...
Etiez-vous vous-même au centre de l'histoire ?

J'étais tous les personnages à la fois : les enfants abandonnés, le méchant prince, la gentille princesse... Je me racontais l'histoire – j'étais donc le locuteur et le public – et ça marchait très bien. J'attendais la nuit avec impatience. Et mes parents, qui se félicitaient d'avoir une enfant sage, ignoraient que si j'insistais tellement pour aller me coucher tôt, c'était parce que l'obscurité et l'enveloppe des draps étaient propices à « l'histoire ».
Hélas, à 12 ans, mon système s'est lézardé, le récit s'est arrêté tout net. Je pense que si je suis devenue écrivain, c'est en grande partie parce que je ne parvenais plus à me raconter « l'histoire » dans ma tête. Il me fallait désormais un intermédiaire – ce sera le papier – pour permettre de la fixer. C'est ainsi que « l'histoire » est devenue « des histoires ».
Que s'est-il passé à 12 ans qui a ainsi perturbé votre équilibre ?

Un événement-clé que je raconte brièvement dans Biographie de la faim. Une baignade en mer, au Bangladesh, où vivait alors ma famille, et au cours de laquelle j'ai été agressée sexuellement par quatre hommes. Je ne veux pas m'appesantir sur cet événement qu'il m'a fallu dépasser. Disons simplement que l'année de mes 12 ans fut charnière. D'un coup, j'ai découvert la puberté, la violence, la haine de soi, la haine tout court, la fatigue et le froid. Autant de sensations qui m'étaient alors parfaitement inconnues.
Jusque-là, ma vie n'était pas forcément heureuse, mais enfin, c'était quand même chouette et mes insomnies constituaient des moments de bonheur et d'exploration du réel à travers « l'histoire ». Après ce drame, les insomnies sont devenues problématiques et les voix qui me parlaient dans ma tête nettement moins agréables. J'ai soudain eu le sentiment de vivre avec un ennemi intérieur. Une sorte de monstre générateur d'angoisse. Ma vie a totalement basculé.
Et l'anorexie s'est imposée.

Un an plus tard. A 13 ans et demi. Suivie de troubles alimentaires multiples qui ont duré des années. Car on ne sort pas comme ça de l'anorexie pure et dure. Quand on veut recommencer à manger, c'est l'horreur, on découvre qu'on ne sait plus manger, que le corps ne supporte plus rien, qu'on est malade tout le temps, avec l'impression d'être possédée par le démon. Surtout, on a perdu toute sociabilité. Et on est mis au ban de la société parce qu'on n'est plus capable de manger avec les autres. Ça ne va pas, et tout le monde voit que ça ne va pas. Cauchemardesque.
Alors, même si elle a compté dans ma vie et certainement contribué à faire l'écrivain que je suis, il est hors de question que je valorise l'anorexie. Trop de gens l'idéalisent en pensant qu'il y a quelque intérêt à y trouver. C'est faux ! Elle fait des ravages. Je serais quelqu'un de bien mieux si je n'avais pas été anorexique.
L'écriture n'a pas tout de suite constitué un recours ?

Non. Je n'ai pas écrit une ligne avant 17 ans. Sauf des lettres. Depuis l'âge de 6 ans, j'avais l'ordre parental, ainsi que mon frère et ma s½ur, d'écrire une fois par semaine à notre grand-père qui habitait Bruxelles. Nous recevions chacun de grandes feuilles blanches, de format A4, qu'il fallait absolument remplir et c'était un vrai casse-tête, même si je m'appliquais à écrire grand. « Raconte-lui ta vie ! », encourageait ma mère.
Mais en quoi ma vie de petite fille expatriée en Asie pouvait-elle intéresser un vieux monsieur que je ne connaissais même pas, me disais-je. Vous voyez que j'avais déjà le souci du lecteur ! Je pense que si j'ai développé ce que j'appelle le sens de l'autre, c'est en partie à cause de cet exercice périlleux. C'était un dialogue avec l'inconnu, très différent de l'histoire que je me racontais la nuit.
Mais pourquoi ne vous autorisiez-vous pas à écrire autre chose que ces lettres au grand-père ?

Parce que lorsque nous étions enfants, c'est ma s½ur qui écrivait. Des histoires, des poèmes, des pièces de théâtre. Elle était géniale et admirée de tous. De moi d'abord, qui la lisais avec vénération et la considérais comme une divinité. Mais aussi de mes parents et de nos professeurs car ses pièces étaient jouées par les filles de l'école. Lorsqu'elle a arrêté d'écrire à 16 ans, j'ai attendu quelque temps, pensant qu'elle allait peut-être recommencer.
Et puis j'ai découvert Rilke et ses Lettres à un jeune poète. J'avais 17 ans et ce fut une illumination. L'acte d'écrire m'est soudain apparu à la fois accessible et puissant. Je dirais même vital. Et miracle : l'ancien récit a repris sous forme écrite. J'ai entamé mes premiers manuscrits.
L'idée de devenir écrivain se profilait alors ?

Oh non ! Je ne m'en sentais pas capable ! J'écrivais déjà comme une forcenée, mais il faudra que j'écrive une dizaine de livres avant d'oser présenter le onzième – Hygiène de l'assassin – à un éditeur, avec les conséquences que l'on sait. Les premières années, ma s½ur adorée était ma seule lectrice.
Quelle était alors votre ambition de jeune fille, lorsque votre famille se pose enfin en Belgique ?

Tout simplement d'être japonaise. Car j'étais convaincue que la cause de tous les drames rencontrés depuis l'âge de 5 ans était mon départ du Japon, et l'arrachement des bras de ma mère japonaise. Un drame absolu qui, lui aussi, m'a très largement constituée. Jusque-là, je menais une double vie avec mes deux mamans, la Belge et la Japonaise, que j'aimais à égalité, et qui se toléraient parfaitement.
Mais notre départ du Japon a sonné le deuil de cet équilibre si parfait. Ce fut un arrachement fondamental. Et dans mon esprit, le Japon et cette humble femme du peuple, si douce et si maternelle, se confondaient. Je rêvais d'y retourner.
En attendant, comme des millions d'étudiants, vous avez fait votre entrée en fac.

Oui. Et j'allais super mal. J'étais seule. Atrocement seule. Je n'avais aucun amoureux, aucune amie. A cause de mes déracinements, à cause de mon étrangeté profonde, à cause du malaise que je suintais par tous les pores... Je ne savais pas comment il fallait s'habiller, comment il fallait parler, la musique qu'il convenait d'écouter. J'étais d'une clochitude fondamentale. A l'université, les gens me regardaient comme une bête curieuse.
Et le nom de ma famille n'arrangeait rien : Nothomb ! Je découvrais qu'en Belgique, il incarnait la droite catholique alors que j'avais justement choisi une université de gauche. Les professeurs comme les étudiants s'étonnaient : mais qu'est-ce que tu fous là avec un nom pareil ? J'avais tout contre moi. Et en un pied de nez suprême, j'ai décidé de consacrer ma thèse à Bernanos.
Pourquoi avoir choisi de faire des études de philologie, la science du langage ?

J'avais assez vite compris, au fil des déracinements successifs dus à la carrière de diplomate de mon père, que le langage et la littérature étaient mon seul ancrage. A 16 ans, je parlais latin. Un choix et une bizarrerie personnels qui n'avaient rien à voir avec ma famille. Je suis née réac ! Petite, je n'aimais que ce qui était extrêmement ancien ou en relation avec le passé. Je n'ai acquis le goût de la modernité qu'en retournant au Japon à 21 ans.
Au moins pouviez-vous briller dans vos études !

J'étais passionnée et travaillais beaucoup. Mais ma vie sociale, malgré mes tentatives désespérées, était un désastre. Je me souviens d'avoir été plusieurs fois la risée de l'amphi. « Quelle conne ! », ai-je entendu hurler après que j'ai posé une question. Je vous assure : j'étais une pestiférée.
C'est incompréhensible. Vous étiez jolie, gentille, cultivée...

Jolie, faut le dire vite ! Je ne sais pas ce que je vaux physiquement aujourd'hui, mais je suis persuadée que je suis mieux à 50 qu'à 18 ans. J'étais si mal dans ma peau ! Du coup, j'essayais d'avoir une vie nocturne. Et j'ai le souvenir de soirées universitaires, extrêmement mal fréquentées ; de fêtes dramatiques dans des garages, avec des individus plus que douteux.
J'avais de pauvres aventures absolument sordides, voire humiliantes, mais je me disais : c'est quand même mieux que de ne rien vivre du tout. J'en étais là ! Fruit d'une enfance heureuse et d'une adolescence saccagée qui m'a longtemps fait vivre avec la conviction que ma vie était foutue. No future. Terminé ! Une façon de penser radicalement punk, même si j'ignorais le mot.
A 15 ans, je n'étais pas sûre de vivre. Au moins, l'anorexie a-t-elle eu le mérite de dévier mon attention. Je n'étais plus obsédée par : « c'est foutu à cause de ce qui m'est arrivé » mais « c'est foutu parce que je ne sais pas manger ». Paradoxalement, c'était une démarche de salut.
Vous citez souvent la phrase de Nietzsche, lui aussi philologue :
« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »

C'est vrai. L'idée du combat est intéressante. Et la vie m'a appris que j'étais finalement plus solide que je ne le pensais. Mais il ne faut pas confondre épreuve et dégradation. L'anorexie était une épreuve, car il fallait se battre. Ce qui m'est arrivé à 12 ans était une dégradation. Et la dégradation demeure à tout jamais. Elle explique cette fragilité immense qu'il me faut vaincre tous les matins et la nécessité vitale d'écrire qui en résulte. Tous les matins, je dois me battre. Et tous les matins, tout est à recommencer. Car les forces obscures sont toujours en moi.
Est-ce cela « le secret indicible » que vous avez souvent évoqué sans le nommer ?

Oui, bien sûr.
Cette agression sexuelle l'année de vos 12 ans ?

Qui reste en moi.
Cela s'appelle un traumatisme.

Sans doute. Mais j'aime l'idée de dégradation : j'étais un petit soldat à qui on a enlevé ses galons.
Pourquoi parler de forces obscures ?

Parce que lors d'une transe, au cours d'un très long séjour en forêt amazonienne, j'ai pu visualiser la chose : ces démons qui étaient encore là et que j'ai tout fait pour chasser de mon corps. Un exorcisme d'une violence incroyable. Mais vain. Alors je me suis résolue : Amélie, tu vis avec ça en toi depuis si longtemps...
Tant de femmes ont enfoui en elles le secret d'un viol.

C'est effroyable. Et, je le pense, générationnel. Dieu sait si j'ai peu parlé de cet épisode, mais chez les gens plus âgés, les réactions ont été ignobles. Subsiste toujours l'idée que la victime est en réalité coupable. Ce n'est pas pour rien que j'ai si mal vécu cette histoire. On me renvoyait une culpabilité que j'ai fini par intégrer.
Quel était le but de ce voyage en Amazonie que vous venez d'évoquer ?

Corine Sombrun m'en avait donné le désir à travers ses livres. Elle est chamane, ce qui n'est pas mon cas, mais je suis « un bon récepteur ». Et j'ai eu envie de me livrer à la même expérience qu'elle – une rencontre avec « les esprits » – au fin fond de la forêt amazonienne, chez les Indiens.
Les conditions sont rudes, la diète et les règles très strictes. Ce n'est pas du tout une partie de plaisir. Et ça peut même être dangereux. Mais pour moi, ce fut énorme : le contact avec l'esprit, que l'on voit, que l'on entend, que l'on sent ; les retrouvailles avec certaines personnes disparues ; l'accès à un univers parallèle archipeuplé et invisible le reste du temps. Ce fut la porte ouverte sur un autre monde.

Avez-vous écrit sur cette expérience ?

Oui, même si c'est très difficile. Mais mon éditeur m'a refusé le livre. « Ecoutez, m'a-t-il dit, les gens pensent déjà que vous êtes dingue. Si vous voulez leur en apporter la preuve sur un plateau... »

Mais la liberté de l'écrivain d'écrire sur ses expériences ?

Allons, de quoi me plaindrais-je ? Vingt-six livres ont déjà été acceptés sur vingt-huit. Et j'avoue avoir été sensible à son argument : la prise de l'ayahuasca, légale au Pérou, est illicite en France où on assimile ce breuvage à base de lianes à une drogue. J'ai vu des gens pour qui l'expérience s'était très mal passée, je ne veux pas avoir ça sur la conscience. Non, prendre de l'ayahuasca n'est pas cool et je ne veux pas en faire la promotion. Pas de livre, donc.

Mais le sujet est trop important pour que je n'y revienne pas un jour d'une autre façon. Car j'ai bel et bien rencontré la déesse Ayahuasca, qui est une très très belle femme, qui m'a prise dans ses bras, a dansé avec moi, et m'a dit qu'elle m'aimait. C'était le but de ma vie. Je sais que je vais passer pour une illuminée. Mais qu'importe. Ce n'était pas une chimère. J'ai vécu cet épisode à mille pour cent et c'était inouï. Proprement inouï.
Point de vue plaisir, je crois avoir eu tout ce qu'il me fallait dans la vie, mais ça, c'était au-delà du plaisir, et plus merveilleux que tout. Et cela m'a enfin donné accès à une version de la féminité à mille lieues des créatures geignardes, dénuées de force et d'audace, que dépeint Montherlant dans Les Jeunes Filles, ce livre phare de mon adolescence qui me faisait refuser avec horreur l'idée de devenir une femme.
L'amour maternel est au c½ur de votre dernier livre. Et particulièrement la relation mère-fille.
Elle vous fascine donc ?

Et comment ! Moi qui n'ai volontairement pas eu d'enfant, si ce n'est beaucoup d'enfants de papier – car je tombe « enceinte » de chaque livre –, j'aurais pu dire : je ne serais pas arrivée là si, petite fille, je n'avais pas été aussi folle d'amour pour ma mère. J'aimais aussi mon père, mais il ne me faisait pas triper. Mon trip, c'était ma mère.
Je ne cessais de lui dire et redire : « Maman, je t'aime. Maman, aime-moi ! » Elle répondait : « Mais je t'aime, je t'aime ! » J'insistais : « Oui, mais aime-moi encore plus ! » Elle a fini par me dire cette chose énorme, lorsque j'ai eu 9 ans : « Si tu veux que je t'aime encore plus, eh bien séduis-moi. » Je me suis récriée : « Mais enfin, tu es ma mère, c'est ton devoir de m'aimer ! » Elle a tranché, elle pourtant si gentille je vous l'assure : « Ça n'existe pas l'amour obligatoire ! » Et je lui donne raison. Elle m'a armée avec cette réponse.
Et j'ai compris : tu veux qu'on t'aime, ma fille, eh bien donne-toi du mal ! Rien n'est automatique ! Même pas l'amour maternel. Il se trouve que j'étais née du bon côté de la barrière, ma mère m'aimait. Mais j'ai eu tant d'amies qui n'ont pas été aimées par leur mère. Voire ont été jalousées par elle. Ce non-amour est une blessure inguérissable qui provoque d'immenses dégâts.
Vous atteignez la cinquantaine. Le temps qui passe vous inquiète-t-il ?

La machine s'use, je dois bien le constater. Je commence à avoir des petites douleurs, je dois aller chez le kiné parce que mon épaule souffre à force d'écrire huit heures par jour. Mais c'est anecdotique. Ce qui m'inquiète, c'est la perspective de perdre mes parents. Ils sont encore de ce monde, et je m'en réjouis. Mais je sais qu'on surmonte beaucoup mieux un deuil, même terrible, quand on a 20 ans que quand on en a 50. Je cesse d'être jeune. Cela veut donc dire qu'un jour, devant une perte aussi fondamentale, je vais morfler.
Vous avez parfois dit que l'ensemble de vos livres constituait une sorte de rébus, lequel ne sera déchiffrable, un jour, que lorsqu'on les aura tous lus...

Je ne nargue pas mes lecteurs. Le rébus est valable pour moi aussi !
Mais vous l'organisez, puisque vous décidez lequel des trois ou quatre livres écrits dans l'année sera publié.

Je choisis un livre que je trouve bon et qui, en effet, fera sens dans la « big picture ».
Il y a donc bien un dessein global !

Je dessine un géoglyphe.
Pardon ?

Toutes mes vérités sont décidément en Amérique du Sud ! Les géoglyphes sont des ½uvres d'art géantes, tracées sur le sol, pour n'être visibles que des oiseaux... ou des dieux. Les Mayas notamment en ont fait de splendides et aucun humain n'en avait la vision puisqu'à leur époque, l'avion n'existait pas. Eh bien, je pense qu'à mon niveau, je fais un géoglyphe. Je ne sais pas qui le verra un jour, mais j'y travaille. Vous souriez ? Je vous en prie : laissez-moi ma folie des grandeurs ! Laissez-moi croire que je bâtis mon géoglyphe ! J'adore.

Propos recueillis par Annick Cojean Le Monde

Le nouveau livre d'Amélie Nothomb paru le 23 août : Frappe-toi le c½ur (Albin Michel), 180 pages, 11,99 euros.
Le livre de Corine Sombrun : Journal d'une apprentie chamane (Albin Michel), 2002.
Retrouvez tous les entretiens de La Matinale du « Monde » ici.
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Remix from alcibiade

Tags : Romans - Livres ♥ - Amélie Nothomb.

40 ans des sondes Voyager 1 et 2. 30/08/2017

Le programme Voyager est un programme d'exploration robotique de l'agence spatiale américaine de la NASA dont l'objectif est d'étudier les planètes extérieures du Système solaire. Il comprend deux sondes spatiales identiques Voyager 1 et Voyager 2 lancées en 1977 qui ont survolé les planètes Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune ainsi que 48 de leurs satellites. Les données collectées par les 9 instruments portés par chaque sonde en font sans doute la mission d'exploration du Système solaire la plus fructueuse sur le plan scientifique de toute l'histoire spatiale. Les sondes Voyager sont les premières à effectuer un survol d'Uranus et Neptune et les secondes à étudier Jupiter et Saturne. Voyager 1 et 2 ont permis d'obtenir des informations détaillées sur l'atmosphère de Jupiter, Saturne et Uranus. Les sondes Voyager ont révélé de nombreux détails sur les anneaux de Saturne, permis de découvrir les anneaux de Jupiter et ont fourni les premières images détaillées des anneaux d'Uranus et de Neptune. Les sondes ont découvert en tout 33 nouvelles lunes. Elles ont révélé l'activité volcanique de Io et la structure étrange d'Europe.


La NASA met sur pied en 1972 le programme Voyager pour exploiter une conjonction des planètes extérieures exceptionnelle qui doit permettre aux sondes de survoler plusieurs des planètes pratiquement sans dépense en carburant, en utilisant l'assistance gravitationnelle. Malgré les contraintes budgétaires liées à un climat économique et politique peu favorable à l'espace, la NASA après avoir renoncé à un projet plus ambitieux, parvient à construire deux engins parfaitement adaptés à ce programme complexe comme vont le prouver la longévité et la qualité du matériel scientifique récolté par les deux sondes. Voyager 1 et 2 sont dans leur catégorie des engins lourds, 800 kg à comparer aux 235 kg des sondes Pionner chargées de jouer le rôle d'éclaireur, car elles emportent plus de 100 kg d'instrumentation scientifique.


Les sondes Voyager sont, en 2014, toujours en état de fonctionnement, se trouve à  20 milliards de kilomètres de la terre ; plusieurs de leurs instruments continuent à transmettre des informations sur le milieu environnant. Voyager 1 a quitté l'héliosphère en décembre 2004 pour se diriger vers l'héliopause qui marque la limite de l'influence du vent solaire. En septembre 2013, la sonde devient officiellement le premier objet de fabrication humaine à sortir de notre Système solaire, mais elle en était déjà sortie depuis le mois d'août 2012.


Se déplaçant à plus de 17 km/s par rapport au Soleil, Voyager 1, porteur d'un message symbolique de l'Humanité, devrait être la première Sonde spatiale à passer à proximité d'une autre étoile dans 40 000 ans. Bien avant, vers 2020, la sonde aura cessé de fonctionner du fait de la défaillance des thermocouples des générateurs thermoélectriques à radioisitope qui lui fournissent son énergie.


2017 : Chaque année, les instruments de mesure sont coupés, pour économiser cette énergie qui décroît. Dans 10 ans maximum, selon Ed Stone, le responsable de la mission à la NASA, tous seront coupés, et n'enverront plus leurs données vers la Terre. Mais les sondes, elles, continueront à avancer, et réaliser leur orbite autour de la voie lactée. Leur vitesse ne permettra toutefois pas de sortir de cette galaxie. Chaque 225 milliards d'années, elles réaliseront une orbite complète, elles seront "nos ambassadeurs silencieux" selon Ed Stone. 
40 ans des sondes Voyager 1 et 2.
40 ans des sondes Voyager 1 et 2.
40 ans des sondes Voyager 1 et 2.

Tags : Astronomie